Comment gérer ses émotions au travail en tant que soignant ?

La gestion des émotions pour les soignants

La gestion des émotions, que ce soit dans la vie personnelle ou dans la vie professionnelle, suscite beaucoup d’interrogations : doit-on refouler ses émotions ? Doit-on les garder simplement pour sa vie personnelle ? Les émotions ont-elles une place dans le milieu professionnel ? A-t-on le droit d’être en colère ou triste au travail ?

Les émotions sont essentielles à notre vie : si nous n’avons pas d’émotions, cela reviendrait en fait à dire que nous ne pensons pas. En effet, les émotions traduisent ce que l’on pense, nos choix que l’on expose de façon volontaire ou non.

Le soignant présent à toutes les étapes

Lorsqu’on exerce en tant que soignant, la notion de charge émotionnelle prend tout son sens. Travailler avec l’humain et pour l’humain, cela signifie que l’on va prendre en compte les ressentis de l’autre, l’écouter pour comprendre au mieux la situation de la personne.

Le soignant a aussi un rôle d’accompagnant. Il accompagne le patient dans les différentes étapes et passages de la vie : la sage-femme ou l’auxiliaire de puériculture avec la naissance d’un enfant, l’infirmière dans la maladie, le suivi des soins et autres opérations, l’aide-soignant dans les périodes de convalescence, de fin de vie…

Il y a une véritable relation de confiance qui se crée et chaque partie, soignant comme soigné, s’engage pour agir et avancer ensemble. La notion de respect est donc très présente dans le milieu des soins : le patient respecte le travail effectué par le soignant tandis que ce dernier respecte les besoins et volontés du patient.

Quel soignant peut réellement se targuer de n’avoir aucune empathie ?

Sans émotions, impossible d’évaluer le climat et de percevoir les sensations de l’autre. Les émotions, dans le travail du personnel soignant, sont indispensables pour apprendre à se connaître et pouvoir aller dans la bonne direction.

Soignant et patient sont avant tout des personnes qui ont des émotions. Ces émotions leur permettent d’échanger, de traduire des ressentis et d’être guidé dans le chemin qu’ils effectuent ensemble.

Identifier les émotions n’est pas si facile

Alors, est-ce que les émotions ont un impact sur les soins prodigués par les soignants ?

La réponse est oui.

Pour que la relation soignant/patient se déroule dans les meilleures conditions, le soignant doit savoir identifier et gérer ses propres émotions. L’émotion du patient, sa détresse ou sa douleur, ne doivent pas prendre le dessus.

Attention, on ne parle pas ici de se protéger à tout prix des émotions en se créant une carapace sur laquelle viendraient rebondir tous les appels à l’aide. Cela serait bien sûr une erreur.

Les émotions sont essentielles et nous guident chaque jour dans nos choix. Elles ont toutes une fonction, qu’elles soient négatives ou positives : ce sont des indicateurs de notre perception du réel. L’émotion que nous ressentons nous permet de savoir comment nous percevons les choses. C’est ce qui explique qu’une situation donnée générera chez l’un de la colère, chez l’autre de la tristesse, chez un troisième du dégoût.

La météo des émotions

Le rôle du soignant, c’est de prendre soin de ses patients. Or, s’il veut parvenir à les aider efficacement, il doit être en capacité d’identifier et de comprendre ses propres émotions par rapport à la situation de chaque malade. Et la première chose à faire pour réussir à mettre des mots sur son ressenti, c’est peut-être de classifier quelques-unes des émotions les plus courantes :

  • La joie est un moteur, car elle pousse à l’action. La joie nous pousse en effet à sourire, à rire, à encourager, à avancer et à voir le côté positif des événements.
  • La peur, paradoxalement, nous pousse à nous enfermer dans un périmètre restreint : on craint l’inconnu, on angoisse, on redoute l’incertitude et peu à peu la peur nous paralyse. Souvent, ce sentiment nous amène à rester dans une certaine zone de « confort ».
  • La colère, elle, nous pousse à des comportements excessifs. Elle nous pousse à agir immédiatement sans penser aux conséquences, on explose comme une cocote minute.
  • La tristesse est un état souvent plus long que la colère ou la peur, elle peut s’étirer dans le temps et nous pousser à nous isoler, à nous renfermer, et à consumer notre énergie.
  • Le dégoût, lui, pousse au rejet de l’autre, à l’éloignement et parfois, sans même s’en rendre compte, au mépris.

Bien sûr, vous connaissez vous aussi ces émotions. Mais prendre un peu de recul sur leurs effets et sur notre vie quotidienne nous permettra de mieux les identifier, même si tout n’est pas si simple : la peur est souvent mêlée de colère, le dégoût peut s’accompagner d’une certaine peur d’autrui, etc.

Les réflexes à adopter

Mieux gérer ses émotions est essentiel quand on est soignant : une seule journée peut constituer de véritables montagnes russes et, à force, les émotions positives peuvent vite être balayées par leurs revers négatifs. On focalise alors sur ce qui ne va pas, on s’attache aux pensées négatives et la mélodie quotidienne ne présente plus que des notes négatives.

Gérer ses émotions, c’est donc trouver un alignement entre émotions positives et émotions négatives. Pour réussir à moduler nos émotions et pouvoir laisser de la place à chacune d’entre elles, voici quelques conseils qui devraient vous aider dans votre quotidien de soignant.

S’arrêter pour comprendre l’émotion

A la venue d’une émotion, positive ou négative, vous allez prendre quelques secondes pour être focus, recentrer votre attention et être en symbiose avec la situation présente. Posez-vous ces questions :

  • Dans quelles conditions cette émotion arrive ?
  • Quel est le contexte ?
  • Quelles sont les personnes qui m’entourent ?

Pour mieux gérer ses émotions, il est parfois important de savoir mettre son cerveau sur pause. Par exemple, lorsqu’on se sent envahi, submergé par une émotion, il est primordial de prendre quelques secondes avant d’agir. Ces quelques secondes vous permettent de reconsidérer la situation et de vous reconnecter au moment présent.

Pensez par exemple à cet instant où la colère monte : vos muscles sont tendus, votre mâchoire serrée, vos sourcils froncés, vous avez l’impression qu’une vague de chaleur vous submerge…

Cette émotion primaire a pour fonction de dicter à votre corps qu’il faut se manifester pour exprimer votre mécontentement pour punir, se défendre ou bien obtenir réparation.

Vous êtes contrarié, énervé contre les propos de votre cadre. Vous sentez l’agressivité se propager dans votre corps.

Fermez les yeux.

Prenez une grande inspiration.

Comment ne pas succomber à cette colère ? A cet instant, une seule envie vous obsède : exploser ! Peu importe les conséquences… Ce ressenti, cette boule de feu que vous avez dans le ventre doit sortir : c’est la seule issue pour se sentir mieux.

Essayez plutôt de souffler.

Un instant.

Videz complètement l’air de votre corps.

Posez votre main sur le mur le plus proche et appuyez-vous sur le mur.

Prenez un instant pour comprendre cette émotion : pourquoi êtes-vous soudainement en colère ? Quelle a été votre pensée suite à cette discussion houleuse ?

Reconsidérez les propos de votre supérieur, comment les avez-vous interprétés ? Ces propos ont-ils mis à mal vos valeurs ?

C’est le moment de détendre votre haut du corps et d’ôter les tensions : relâchez vos épaules, faites quelques mouvements circulaires avec vos bras, agitez vos mains vers l’extérieur comme si vous vouliez vous défaire de cette sensation d’énervement.

Étirez-vous, levez les bras vers le ciel puis lâchez tout. Soufflez. Vous pouvez maintenant mettre des mots sur votre colère, sans agressions verbales ou physiques pour exprimer ce qui vous a mis dans cet état.

Cet exercice peut également être particulièrement efficace dans des situations d’annonces difficiles ou bien lors d’une montée de stress ou de peur.

Le fait de répéter cet exercice vous permettra de réussir à comprendre, identifier et mieux gérer vos émotions au moment venu.  Elle évite d’avoir des regrets et des jugements suite à nos réactions.

Vous n’allez donc pas ignorer ou masquer votre émotion car cela aurait pour effet d’amplifier votre ressenti, de créer une accumulation d’émotions négatives et des réactions explosives disproportionnées.

Après l’orage : comprendre

Une fois la tempête émotionnelle passée, vous pouvez prendre du recul sur vos émotions.

L’idée est de les observer en se déroulant la scène pendant laquelle l’émotion est survenue. Notez par exemple dans un petit carnet ce qui a déclenché l’émotion forte : est-ce que cette émotion survient suite à un événement particulier, est-ce plutôt une pensée qui a déclenché cette émotion ? Quels sont les facteurs de déclenchement de cette émotion ? Quelle est la gravité de la situation vécue ?

Une véritable tentative d’étiqueter vos émotions

Posez des mots sur ce que vous avez ressenti : de la joie, de la tristesse, de la colère, de la honte… Et décrivez ce que vous avez ressenti en fonction des émotions perçues.

Étiquettes des émotions

 

Essayez de classer les émotions. Imaginez que vous rangez et répartissez ces émotions dans des cases en fonction de la fréquence à laquelle elles apparaissent dans votre quotidien. Prenez un petit carnet avec vous et notez-y les émotions dès qu’elles surgissent.

Par exemple : au début de votre journée de travail, vous ressentez de la peur : inscrivez ce mot sur le carnet et si l’émotion revient dans la journée tracez un trait à côté.

Ensuite, décrivez les émotions les plus fortes : inscrivez votre ressenti, vos pensées, votre réaction corporelle…

En faisant cela, vous vous apercevrez que certaines émotions reviennent plus que d’autres et cela vous donnera des indications sur les émotions sur lesquelles se concentrer.

Une semaine plus tard, revenez sur vos notes et tentez de prendre du recul sur cette émotion.

Est-elle plus forte ou moins forte que la précédente ?

Vous a-t-elle poussé à agir d’une certaine façon ?

Quelles ont été les conséquences de cette émotion ?

Comment s’est-elle traduite physiquement ?

Combien de temps a duré cette émotion ?

A-t-elle modifié le reste de votre journée ou votre semaine ?

Cette émotion est-elle toujours présente ?

L’objectif de cet exercice est de comprendre la façon dont on interprète ses émotions. Mais aussi de prendre du recul sur la venue de l’émotion en elle-même. En effet, l’émotion n’est pas systématiquement due à un élément extérieur : c’est bien notre interprétation des situations, des évènements ou encore des propos, qui va faire naître telle ou telle émotion.

Il s’agit de se rendre compte que nous sommes responsables de nos émotions.

Reste à savoir comment on peut avoir la main mise sur celle-ci.

Incarner ses émotions

L’un des exercices que j’ai découvert récemment et qui, je trouve, peut être plutôt bénéfique dans la gestion des émotions au travail est celui de l’incarnation des émotions.

Le but est d’incarner ses émotions en dehors des situations où vous pouvez ressentir ses émotions. Je m’explique ! Prenez quelques instants pour vous isoler au calme et tentez d’incarner une émotion qui revient régulièrement et avec laquelle vous avez du mal à cohabiter.

Que veut dire incarner une émotion ?

Vous allez accueillir l’émotion et laissez votre corps agir en fonction de cette émotion. Laissez-vous complètement aller : l’émotion doit se propager dans tout votre corps. C’est peut-être l’occasion de revivre certains instants avec du recul, ou de faire appels à des souvenirs marquants de votre carrière. Une escarmouche verbale avec un médecin ? L’annonce d’un décès à une famille ? Des moments clés de votre vie de soignant seront sans doute des points de départ essentiels.

Accueillir et incarner ses émotions

Le ridicule et les doutes n’ont pas leur place dans cette pratique : réalisez l’exercice avec le plus de sérieux possible, sans réfléchir ou résister, pour que votre incarnation de l’émotion s’approche le plus possible du réel.

Prenez quelques minutes et essayez de comprendre quels sont vos ressentis avec ces émotions, comment votre corps les traduit. Concentrez-vous sur chaque détail et décrivez chaque ressenti physique : vos mouvements, votre respiration, votre position, votre regard… Le fait d’incarner une émotion de façon intentionnelle va vous permettre d’apprivoiser vos émotions et vos réactions face à celles-ci, plus particulièrement les émotions négatives que l’on a l’habitude de chasser.

Incarner une émotion vous permettra de la comprendre

Plus l’exercice est fait régulièrement, plus vous aurez les clés pour gérer vos émotions les plus fortes au travail : vous aurez déjà été confronté à l’émotion et vous saurez de quelle manière celle-ci s’empare de votre corps.

Pour vous aider dans cet exercice, vous pouvez tout à fait vous remettre dans le contexte d’une situation dans laquelle vous avez vécu cette émotion. Naturellement, l’émotion rejaillit et le contexte dans lequel elle est apparu disparaît pour laisser place à l’incarnation.

L’objectif est bien sûr d’apprendre à se connaître, de s’écouter, d’apprivoiser ses émotions et d’en tirer des enseignements. Une fois que l’émotion se présente de nouveau dans votre vie, vous aurez acquis des connaissances sur cette émotion qui vous permettront de mieux la gérer. Vous n’aurez pas l’impression d’être pris soudainement à la gorge par l’émotion car vous la connaissez déjà : vous ne lutterez plus contre les émotions négatives mais vous assumerez vos émotions !

Communiquer et accepter ses émotions

Le métier de soignant implique une communication perpétuelle, que ce soit avec les collègues pour donner des informations essentielles ou avec les patients pour comprendre comment ils se sentent et pouvoir ajuster les soins donnés.

Communiquer régulièrement sur ses ressentis et émotions avec les autres est primordial pour réagir et prendre les décisions qui s’imposent. L’objectif de la communication est aussi de ne pas tout garder pour soi, de verbaliser pour identifier les émotions ressenties.

Cette démarche de communication et d’échange permet à la fois d’informer les personnes qui nous entourent de notre état émotionnel mais aussi de pouvoir en prendre conscience soi-même.

Le fait de dire et d’expliquer vos émotions va vous aider à en prendre conscience naturellement et à calmer vos pensées négatives. Lorsqu’une pensée négative apparaît et qu’elle se transforme en émotion, posez-vous ces questions :

Avez-vous envie de ressentir cette émotion ?

Quelle pensée a créé cette émotion ?

Cette émotion est-elle justifiée ?

Va-t-elle permettre de vous sentir mieux ensuite ?

Si la réponse est non, alors activez des mécanismes pour vous concentrer sur quelque chose de positif et inverser la balance.

Tous les non-dits exploseront un jour ou l’autre

Ce point n’est à proprement dit pas un exercice car c’est une démarche à effectuer au quotidien, autant dans votre vie personnelle que dans votre vie professionnelle. Partagez vos ressentis avec vos proches, vos collègues pour éviter les non-dits et l’effet cocote minute qui ferait jaillir une émotion forte et qui aurait des conséquences sur vos actes.

Cette démarche vous permettra aussi de ne pas vous « punir » de ressentir certaines émotions mais plutôt de les identifier et de les accueillir. L’émotion est une réponse, où l’on s’adapte à une situation : elle nous guide au quotidien et fait partie de nous. Rejeter une émotion créerait un effet boule de neige et celle-ci reviendrait alors perpétuellement nuire à votre quotidien.

Se recentrer sur le positif

Je vous invite à vous poser régulièrement cette question : pourquoi je fais ce métier ? Essayez de trouver quelles sont vos motivations premières.

L’idée ici est de lister tous les éléments motivants et de pratiquer la pensée positive. On va modifier la vision de la situation X qui nous tire vers les pensées négatives, en se concentrant sur les leviers qu’on peut activer.

Se recentrer sur le positif

En effet, on ne peut pas tout contrôler, tout maîtriser mais on peut agir sur une situation en se reconcentrant sur le positif : un sourire, un mot réconfortant, des progrès, un regard bienveillant, une main sur l’épaule, des encouragements…

L’objectif ? Renverser le tourbillon des pensées négatives en activant la pensée positive : pensez à toutes les choses qui vous ont poussé à exercer la profession de soignant, pensez à tous les patients que vous avez accompagnés, la présence et les soins essentiels que vous apportez chaque jour…

La pensée positive peut faire du bien, encore faut-il savoir l’activer

Le fait d’être positif va procurer un sentiment de bien-être immédiat et durable. Les émotions étant la traduction de vos pensées alors la pensée positive va avoir un impact direct sur votre état physique. A l’inverse, la pensée négative apporte une émotion négative et le résultat est bien souvent lui aussi négatif : paroles blessantes, mauvaises décisions, actions aux conséquences graves…

Vous allez me dire que c’est bien beau, tout ça, mais que ce n’est pas si facile d’être « positif » et de savoir faire rejaillir les bons souvenirs. L’être humain a tendance à se fixer sur les mauvaises choses et non sur ces propres petits succès…

Comment parvenir à garder le positif ?

Un exercice : chaque jour, tentez de trouver une pensée positive.

La situation actuelle vous paraît difficile ? Gardez à l’esprit que tout est passager et focalisez votre esprit sur le positif. Il y en a dans chaque situation : souvenez-vous tout est une question d’interprétation et de recul.

Alors, si vous avez envie de vous sentir mieux, de ne pas avoir l’impression de subir vos émotions, il vous appartient de travailler sur l’interprétation, la signification que vous donnez aux choses et événements qui vous entourent.

L’incertitude est le lot du soignant

Outre le fait de se concentrer sur les raisons du choix de ce métier, le soignant doit chaque jour faire preuve d’une grande souplesse et d’une capacité d’adaptation pour répondre aux besoins grandissants en termes de gestion du changement. Pour mieux gérer vos émotions, vous devez donc apprendre à travailler avec l’incertitude.

La science, la technique et votre comportement sont de vrais outils à utiliser pour apporter des réponses aux pensées liées à la peur. L’incertitude pousse à adapter en permanence les logiques de soin : les soignants travaillent avec l’humain et ne peuvent jamais être certain de ce qui va se passer.

Le corps médical ne connaît pas tout des logiques du corps humain et nous ne pouvons pas non plus anticiper toutes les réactions : ce sont des réalités qu’il s’agit d’accepter pour avancer et ne pas être paralysé par la peur de l’incertitude.

Le changement d’état d’esprit et l’acceptation de l’incertitude, vous aideront à coup sûr à obtenir une meilleure gestion de vos émotions au travail.

Un exercice de respiration profonde pour vous aider

Là encore, il s’agit d’un exercice à débuter en dehors de périodes d’émotions fortes vécues au travail. Je vous invite à vous exercer à la respiration abdominale.

En quelques étapes, la respiration profonde consiste à :

  • Inspirer profondément par le nez jusqu’à gonfler le bas de votre ventre,
  • Poursuivre la respiration jusqu’à une inspiration maximale et retenir son souffle pendant une ou deux secondes,
  • Expirer ensuite lentement en faisant sortir l’air du ventre jusqu’à la bouche

Cette respiration ventrale et consciente permet de propulser l’oxygène dans le flux sanguin et, ainsi, de renforcer vos nerfs, vos muscles et votre cerveau pour qu’ils soient au maximum de leur performance. En pratiquant la respiration profonde, vous allez également ralentir votre rythme cardiaque et, par conséquent, envoyer des signaux positifs à votre cerveau.

Pratiquer cette respiration vous permettra de vous calmer en situation de stress intense et de nuancer votre réaction faces aux émotions fortes.

Bien évidemment, le jour où vous devez intuber une personne en urgence, il n’est pas conseillé de prendre son temps pour analyser et comprendre son ressenti. La pratique des exercices en dehors des situations se travail vous aidera au fur et à mesure à gérer de mieux en mieux vos émotions et à prendre les décisions adéquates en accord avec vos interprétations.

Aussi, vous ne serez peut-être pas réceptif à tous les exercices cités plus haut : essayez et pratiquez pour voir quels sont ceux qui vous sont bénéfiques. Ces exercices vont vous aider, non pas à contrôler mais bien à administrer vos émotions : vous allez les identifier, les assumer, parfois les réguler.

 

Les 3 pièges émotionnels des soignants

Lorsqu’on essaie de mieux gérer ses émotions au travail, il n’est pas rare de tomber dans plusieurs pièges, aussi j’ai décidé de vous faire part de ceux qui me semblent les plus courants.

La première erreur serait de ne vouloir incarner aucune émotion. En tant que soignant, difficile d’être indifférent aux situations que vous rencontrez : le fait de vous montrer impassible ne vous aidera ni vous ni votre patient à avancer, au contraire : cette indifférence pourrait être mal interprétée par la personne bénéficiant des soins.

L’autre piège dans lequel il est très facile de tomber est celui d’être paralysé par la crainte. La peur de mal agir ou le fait d’utiliser toutes ces ressources en énergie pour contenir et repousser ces émotions ne permettent pas d’avoir une bonne gestion des émotions.

A l’inverse de la première erreur, il n’est pas rare de rencontrer des soignants qui absorbent toutes les craintes, les angoisses et la souffrance des patients. Ils font preuve d’hyper-empathie. Il n’est humainement pas possible d’incarner à la fois vos propres émotions et celles de vos patients car la charge émotionnelle serait trop lourde à porter. Vous pouvez tout à fait être touché ou ému par une situation ou bien la détresse d’une personne mais l’émotion ne doit pas vous submerger.

Assurément un métier pas comme les autres

L’effet miroir et les logiques de mimétisme peuvent être très impactant dans le métier de soignant.

Lorsque vous dégagez un sentiment de bonne humeur, vous donnez à la personne en face de vous plus de chance d’être, elle aussi, dans de bonnes conditions. La joie, la peur ou la colère sont des émotions communicatives, servez-vous en pour répandre de bonnes ondes autour de vous !

Enfin, et il serait bon que tous s’en souviennent : vous n’exercez pas un métier comme les autres.

Vous êtes responsable de la bonne santé de vos patients, vous devez accompagner au quotidien des personnes qui subissent des chocs émotionnels de taille, vous devez œuvrer et sourire, soutenir et expliquer.

Difficile, forcément, de faire face à toutes les émotions liées à ces casquettes multiples. Les émotions font partie de votre métier et de votre poste. Vous êtes des émotions. Libre à vous, maintenant, de les comprendre et de les incarner pour en faire une force.

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