Récit de ma première crise d’angoisse : le choc

Dans ce premier article, je tenais à revenir sur ma toute première crise d’angoisse.

Je reviens, un peu sous forme de récit, sur ce jour où les crises d’angoisse ont commencé à faire partie de mon quotidien.

J’essaie aussi de répondre le plus clairement aux questions suivantes :

Quels ont été les déclencheurs ?

Quel était mon état d’esprit à ce moment-là de ma vie ?

Comment j’ai vécu la crise ?

Comment j’ai géré la crise ?

Ce qui a suivi après cette première crise…

Bref, je balaye un peu le sujet avec ce premier article et espère que ce retour pourra vous aider à y voir plus clair, que vous soyez ou non victime de crise d’angoisse. Derrière ce style romancé, ce premier article a surtout pour but de vous encourager à prendre du recul sur vos crises d’angoisse et à commencer une réflexion positive !

 

Tout est sous contrôle

Il y a 14 ans arrivait ma première crise d’angoisse.

A cette époque, j’étais une jeune collégienne, j’allais avoir 15 ans et tout le lot d’emmerdes d’adolescent qui va avec.

J’avais un groupe d’amis (que j’ai toujours), j’étais surprotégée par mon entourage, j’étais la petite chose dont il fallait prendre soin. Je me sentais importante aux yeux de mon entourage.

Voilà pour le côté face.

Côté pile, cela n’avait rien à voir : j’étais très mal dans ma peau, cela faisait quelques années que j’étais tombée dans l’anorexie-boulimie, mon père était en dépression et j’étais une vraie éponge à émotions. Bref, une petite nana « sensible » quoi.

Il y avait vraiment deux versions de moi-même :

  • La leader qui contrôlait et menait tout son petit monde
  • La petite chose fragile qui avait sans cesse besoin d’être rassurée

Il faut dire qu’à cet âge, on ne sait jamais bien sur quel pied danser.

On veut tout le temps être dans la maîtrise mais ce n’est pas toujours facile (surtout quand on fait des crises de spasmophilie).

Vous l’aurez compris, j’étais une adolescente enthousiaste, plutôt banale dans son genre mais avec ses crises existentielles et son lot d’angoisses quotidiennes. Rien de bien méchant en soi.

Je voulais être et surtout montrer que j’étais la fille forte, qui n’a peur de rien : « la peur, les angoisses c’est pour les autres, ceux qui ne savent pas gérer leurs émotions ».

Marrant cette envie de tout contrôler pour une fille qui fait des crises d’angoisse, vous ne trouvez pas ?

 

Mal à l’aise

Ma première crise s’est déclenchée au collège pendant un cours d’EPS et on peut dire que cela a pas mal affecté ma relation avec le sport les années qui ont suivi cette première crise (j’y reviendrai d’ailleurs dans un article plus détaillé).

Le contexte : lieu et environnement

Le lieu de la première crise est très important car il conditionne bien souvent… les crises suivantes.

Toujours obsédée par l’image que je pouvais véhiculer (à 15 ans l’obsession est assez forte), les cours de sport étaient pour moi des instants particuliers puisque c’était le genre de situation où je pouvais me sentir vulnérable. C’est un premier élément, une première indication des facteurs déclencheurs.

Je m’explique.

N’étant pas la plus douée sportivement parlant, j’avais toujours eu cette peur du ridicule, cette angoisse du dernier choisi pour les sports collectifs.

Je suis sûre que vous aussi, vous avez déjà ressenti cette peur d’être mis(e) de côté, cette boule au ventre à l’idée de se ridiculiser. Pas besoin d’avoir 15 ans pour ça, quand on manque de confiance en soi, la sensation de ne pas être à la hauteur est inévitable.

Revenons-en donc au contexte de ma première crise :

  • Je n’ai pas un bon niveau en sport (enfin c’est ce que je pense à cette époque),
  • Les autres sont meilleurs que moi,
  • Je vais potentiellement me taper la honte devant toute ma classe.

Sport et crise d'angoisse

Petit bilan d’étape : niveau zéro en sport donc, j’entamais chaque nouvelle séance avec un peu d’appréhension ne savant pas comment j’allais me débrouiller pour cacher le fait que j’étais nulle en sport. Je ne m’en rendais pas malade mais ces heures de cours me mettaient plutôt mal à l’aise.

Il existait donc déjà pour mois un environnement, un univers dans lequel j’étais régulièrement confrontée et qui ne me réjouissait pas vraiment.

La situation dans laquelle on se trouve au moment de la crise est très importante à prendre en compte. Aussi, je vous conseille d’essayer de repérer les « environnements à risque », ce n’est pas toujours évident, je vous l’accorde, mais cela peut vraiment vous aider à calmer, anticiper des potentielles crises.

 

Jusqu’au jour où ça éclate

Jusque-là tout allait bien pour moi.

Je me rendais à chaque nouveau cours d’EPS avec une boule au ventre et l’idée que je n’allais pas me sentir à ma place mais, après tout, il y avait plus grave.

Les cours se sont donc enchaînés sans problème particulier jusqu’à ce que nous entamions le programme de course à pied.

Course et crise d'angoisse

Courir, moi ?

« Bon, allez ça va le faire. Moi aussi je peux y arriver. Je ne serai peut-être pas la première (en fait c’est certain) mais je vais y arriver ».

Voilà ce que je me suis dit. Mais, vous l’aurez compris, ce jour-là ne s’est pas passé comme les autres.

 

De la malaisance au déclenchement de la crise

Ma première crise d’angoisse est à la fois très claire et très floue. Cela est dû à deux choses :

  • Cela remonte à presque 15 ans maintenant (aoutch)
  • J’étais comme emprisonnée dans mon corps et spectatrice de la crise

La première crise est donc arrivée dans un environnement « à risque » que je pensais maîtriser.

Nous devions ce jour-là courir et effectuer des tours au stade situé près du collège.

Fière, je me suis donc mise à courir avec les autres.

Un tour… puis deux.

J’étais angoissée à l’idée de ne pas bien courir, d’avoir l’air bête, de me sentir regardé, jugé. Mais je gardais mes petites angoisses sous contrôle. « Après tout, ce n’est quand même pas grand chose de courir et puis tout le monde court autour de toi donc tu n’as rien à craindre ».

Oui mais ce jour-là, au bout du deuxième tour je ne contrôlais plus rien.

 

Symptômes : noyade et fourmis dans les jambes

J’ai d’abord eu chaud puis très froid. Les changements de température ont été pour moi le premier indicateur de la crise.

Je me suis rassurée en me disant que c’était parce que je faisais de l’exercice en extérieur et que transpiration et petit vent ne faisaient pas bon ménage.

Puis j’ai eu comme des picotements dans les mains et dans les jambes. C’était une sensation vraiment inhabituelle.

Attention je ne parle pas là de sensation de fourmis dans les jambes qu’on ressent quand un membre endormi se « réveille ». Non. Ces fourmis-là, c’est des fourmis rouges et il n’y a que des reines ! Quand elles débarquent, vous êtes comme envahis. Et pas de remède de grand-mère à coup de craie ou de marc de café pour s’en débarrasser, ce serait trop facile.

J’ai commencé ensuite à avoir du mal à respirer, comme une gêne au niveau de la cage thoracique, j’ai donc ralenti le rythme jusqu’à m’arrêter.

Et c’est à ce moment-là que je me suis mise à paniquer.

Le début de la crise, c’est ce moment où on se laisse complètement envahir, engloutir par ses angoisses. On se rend compte que quelque chose d’inhabituel est en train de se passer et on panique :

  • Parce que c’est nouveau. On ne connaît pas ses sensations, on ne peut juger de la « gravité » de ce qui est en train de se passer.
  • Parce qu’on ne sait pas comment réagir.

C’était oppressant.

Je n’arrivais littéralement plus à respirer : « mais comment c’est possible ?! ».

J’avais vraiment l’impression d’étouffer, j’étais comme emprisonnée dans mon propre corps. Comme si quelqu’un me prenait à la gorge et que j’étais incapable de la moindre réaction.

En fait, j’ai vraiment ressenti la première crise d’angoisse comme un blocage.

J’étais bloquée. Tout mon corps était comprimé et moi j’étais à l’intérieur, bloquée. Comme si on m’avait enfermé dans une cage remplie d’eau et que je m’y noyais.

« Mais pourquoi je suis rentrée dans cette cage ?! »

La première crise d’angoisse s’intensifie aussi quand on en prend conscience de ce qui est en train de se passer.

J’ai paniqué. Certainement de la même façon que j’aurais réagi si on m’avait agressé.

Cela peut vous paraître « gros » d’employer ces mots mais j’ai vraiment perçu cette première crise comme une agression.

(Une crise d’angoisse peut être vraiment différente d’une personne à l’autre. Je vous raconte ici mon expérience, mes symptômes et mes ressentis.)

 

L’étape suivante : l’explosion

On ne réagit pas tous de la même façon à une crise d’angoisse. Certains sont totalement bloqués, comme figés. Ils s’allongent, puis, impossible de se relever, leur corps est immobilisé, ancré dans le sol.

D’autres sont bloqués un moment puis explosent. C’est mon cas.

Comme une bombe à retardement, la crise d’angoisse survient parfois suite à un enchaînement de « petites choses ». Vous savez ces « petites choses » auxquelles on accorde peu d’importance ou que l’on refoule sans cesse.

Parfois perceptibles, d’autres fois non.

La crise d’angoisse survient souvent quand on s’y attend le moins. On se retrouve piégé dans la toile d’araignée. Et là c’est la panique.

L’explosion donc.

Explosion pendant une crise d'angoisse

Une fois ma « course » terminée, je me suis sentie paralysée quelques instants.

J’étais comme sonnée. L’impression d’avoir reçu un coup derrière la tête.

Les sons autour de moi n’étaient plus distincts. Comme si quelque chose avait explosé mais à l’intérieur de mon corps.

A la première crise d’angoisse on se demande vraiment ce qu’il nous arrive :

  • Est-ce qu’un truc a explosé dans mon cerveau ?
  • Est-ce que quelqu’un m’a frappé violemment ?
  • Est-ce que je me suis évanouie ou est-ce que je me réveille ?
  • Pourquoi on me regarde comme ça ?
  • Pourquoi je tremble ?
  • Que se passe-t-il ?

Après les coups de chaud/froid, les fourmis rouges et le souffle coupé, sont arrivés les tremblements.

J’étais comme montée sur ressort.

Vous voyez les jouets pour enfants comme le personnage de Zig Zag dans Toy Story ? Hé bien on peut dire que c’était l’état de mon corps.

J’avais l’impression que tout mon corps pouvait rebondir, mes tremblements étaient si importants que je n’arrivais même plus à me tenir sur mes deux jambes.

 

Comment faire pour se calmer ?

Les premières douleurs

Quand j’ai senti que la crise s’installait, j’ai tout de suite pensé « stop, arrêtes de faire ça, tout le monde te regarde ! ». Bon, je vous rassure cet élan divin n’a pas duré bien longtemps car j’ai vite été submergée par ce qui était en train de m’arriver.

Il faut dire qu’à ce moment précis j’étais bel et bien au centre de l’attention.

Le prof puis mes amis se sont précipités pour me venir en aide, essayer de comprendre ce qu’il se passait.

Est-ce que j’avais couru trop vite ? Est-ce que j’avais avalé quelque chose ? Est-ce j’étais tombée ? Est-ce que je faisais une crise de tétanie ? Est-ce que je faisais de l’asthme ?

Non rien de tout cela.

J’étais « juste » en train d’être asphyxiée par ma première crise de panique.

Besoin d’air, aucune maîtrise de son corps.

Mais ce n’était là que le début de la crise.

Je paniquais de plus en plus et le regard des personnes autour de moi ne faisait qu’empirer les choses.

J’ai commencé à avoir des palpitations, j’ai cru que mon cœur allait s’arrêter tellement il battait fort et tellement cela me faisait mal.

Oui car une fois l’effet de « surprise » passé, les premières douleurs physiques apparaissent : mal au cœur, sensation d’étranglement, le corps lourd, les nausées.

 

Les premiers gestes et réflexes à  avoir

Quand on fait une crise d’angoisse on se sent à l’étroit. Dans son propre corps mais aussi à l’extérieur. Tout parait être une agression.

D’un côté, on a besoin d’aide, on a envie que quelqu’un vienne nous sauver, nous extraire de là.

Et d’un autre côté, toute tentative bienveillante ne semble qu’aggraver la crise.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire quand quelqu’un fait une crise à côté de soi. Non.

Mais ce genre d’événement a le don d’attirer les foules. Et… Voyez-vous les foules à ce moment précis, c’est pas vraiment ce qu’on préfère (même pour une ado de 15 ans).

De l’air, un peu d’air. Beaucoup d’air. Se calmer.

La première réaction de mon prof de sport a été de me donner un sac en papier (et surtout pas en plastique) pour que je respire à l’intérieur.

L’idée : remonter le taux de dioxyde de carbone en plaçant le sachet au niveau de sa bouche et en respirant « normalement ».

Échec total pour ma part. Manque de technique : la sensation de devoir essayer de respirer à travers un sac n’a fait qu’empirer la crise. Ce sac ajoutait une nouvelle contrainte.

J’étais reparti de plus belle : toujours montée sur ressort et avec la sensation d’avoir épuisé le stock d’air qu’il me restait.

Suite à cet essai infructueux, je me suis retrouvée au sol.

Une crise d’angoisse peut complètement vous terrasser et vous vider de toute énergie. Je venais de me prendre un KO technique et je ne pouvais plus rien faire de mes 10 doigts, une vraie « princesse » quoi !

Si les premiers gestes de mon entourage étaient maladroits, les suivants étaient eux plus justes (même si toujours un peu bancals).

Il n’est pas DU TOUT évident de réagir face à une crise, d’autant plus quand on ne sait pas de quoi il s’agit et que, je le rappelle, chaque personne peut avoir des réactions différentes.

Le plus utile des gestes à faire selon moi a été de m’isoler.

Ni une ni deux, on m’a déplacé tel un sac à patates vers un endroit plus tranquille. J’étais maintenant face à quelques paires de yeux bienveillants contre une trentaine inquiète, intéressée ou avive du prochain potin avant.

« Hé t’as vu, elle fait quoi ? » « Oh elle veut faire son intéressante… Le cinéma ! Princesse ne veut pas courir alors elle fait des caprices »

Je me sentais déjà moins perdue, déboussolée.

Mais ce « répit » n’a duré que quelques minutes…

« Tu as soif ? Il faut que tu boives »

On me déplace encore donc, cette fois en direction de la cantine située plus loin.

Ces 300 mètres m’ont paru des kilomètres. J’avais l’impression d’être la bête de foire, la nana bizarre, la nana aux problèmes que tout le monde fixe.

Oui, car vous l’aurez compris, je faisais pour la seconde fois un petit bain de foule (d’ados rappelons-le) portée « comme une princesse » par plusieurs personnes.

Arrivés au point d’eau, je n’ai finalement pas réussi à boire. Au contraire, j’ai presque failli m’étouffer en essayant d’ingurgiter l’eau !

Je tremblais comme une feuille, ma gorge était serrée et faisait barrage. Il faut dire que j’étais au beau milieu d’une cantine scolaire à l’heure de pointe, la situation et le regard des gens étaient un peu angoissants.

Proposer de l’eau, boire de l’eau en plein milieu d’une crise n’est pas une bonne idée. Le mieux est d’isoler la personne et de l’aider à rester focus.

 

Rester focus et savoir se concentrer : ça s’apprend

Pendant cette première crise, j’ai essayé de rester focus. J’essayais de me concentrer et de capter le regard des gens autour de moi parce que je me sentais régulièrement partir .

Ma crise était entrecoupée de mini malaises. C’est également l’un des symptômes possibles d’une crise d’angoisse.

J’avais l’impression de tanguer. Vous savez, comme le jour où on a un peu trop bu et que l’on sent que l’on n’a plus la maîtrise à 100% de son corps mais qu’on essaie quand même de faire bonne figure (alors que, clairement, on se trahi tout seul avec nos petits yeux).

Plus de son, plus d’image. On te secoue un peu, met un peu d’eau sur le visage et ça revient.

Encore une fois, plus aucune maîtrise.

La crise est brutale.

J’avais l’impression d’avoir si peu d’air que je ne réussissais même pas à « rester là », éveillée.

La crise d’angoisse c’est comme une chute constante, qu’on croit sans fin mais qui nous réserve des interludes des plus sympathiques : étouffement, malaise, vomissement…

Trouver la bonne personne

C’est après un troisième voyage que j’ai atterri dans le bureau des CPE (« les pions » comme on disait).

C’est dans cette pièce que je me suis finalement calmée.

Je n’ai pas réussi à me calmer seule.

J’ai été drivée par une personne qui a su trouver les mots et capter mon attention pour que je réussisse (enfin) à calmer le jeu et à ralentir le rythme.

« Tout va bien se passer, regarde-moi, tout va bien, respire calmement, ça ira mieux après »

Sa voix douce et reposante m’a permis de me concentrer sur ma respiration. J’ai peu à peu troqué mes grandes inspirations paniquées, mes halètements et mes blocages de larynx contre une respiration plus maîtrisée (vous voyez, on en revient toujours à ce mot).

Finalement le rythme s’est calmé de façon naturelle.

J’étais tellement claquée, j’avais tellement dépensé d’énergie en essayant de me battre contre mes propres angoisses que je m’étais auto-épuisée.

 

Du stress à la crise d’angoisse

Quand on arrive à ce stade-là, on ne peut plus appeler ça du stress.

La boule au ventre s’était transformée. J’ai basculé dans l’angoisse et la panique.

On ressent tous au quotidien des petites montées de stress : pendant une présentation devant des investisseurs, avant de passer un examen, au moment de rencontrer quelqu’un…

Le stress fait partie de notre quotidien, à tous.

On ne stresse pas tous pour les mêmes choses ni même à la même intensité. Il y a les « angoissés » de nature ou encore ceux que rien ne stresse.

Le stress du quotidien, ses sensations de boule au ventre et de gorge serrée, n’ont rien à voir avec une crise d’angoisse.

Quand on est en pleine crise d’angoisse on se demande vraiment comment on fait pour respirer avec si peu d’air. La grande question c’est aussi : mais quand est-ce que ça va s’arrêter ? Vais-je réussir à reprendre mon souffle ?

Vague d'angoisse

La crise arrive, tel un tsunami, et elle vous noie. Comme si quelqu’un appuyait sur votre tête pour qu’elle reste sous l’eau.

Mais ce quelqu’un c’est bien souvent vous. Oui vous.

La crise d’angoisse surgit dans un environnement à risque, à la suite d’une succession d’événements ou au contraire de manière inopinée.

Mais l’élément central et qui reste constant à chaque crise : c’est vous, la façon que vous avez de prendre les choses qui arrivent.

Attention, je ne dis pas que c’est de votre faute ou que c’est vous qui provoquez vos crises et vos angoisses. Non, pas du tout.

Je dis juste que vous êtes le seul capitaine à bord.

Le bateau chavire, des moussaillons peuvent vous venir en aide mais vous êtes le seul à pouvoir refixer le cap.

 

Mais pourquoi j’étais si « stressée » ?

Quelques temps après cette première crise, j’ai pris le temps pour repenser à ce qu’il s’était passé et j’ai réussi à distinguer une partie des éléments qui avaient pu la déclencher.

C’est un travail peu confortable mais très important à effectuer si vous voulez minimiser les crises qui suivent.

En fait, pour moi la crise correspondait à un enchaînement, une accumulation d’événements.

Accumulation et déclencheur de crise d'angoisse

A cette époque, j’étais très complexée (comme beaucoup de filles) et je suis passée par les étapes quasi incontournables de l’adolescence : acné, corps mi enfant mi femme, lunettes de vue, appareil dentaire mais aussi corset…

Et pour moi ça représentait beaucoup de choses négatives à « supporter », mes épaules ont flanchées.

Plus ou moins au moment de ma crise, j’apprenais :

  • Que, non, je ne pourrais pas tout de suite enlever mon appareil dentaire que je portais depuis la 6ème,
  • Que, oui, je devrais porter un corset 24h sur 24h durant les mois voire années à venir.

Tout ça pour que j’aille bien, pour ma santé !

Le problème c’est qu’à 15 ans on accepte et on comprend… difficilement.

« Pourquoi moi ? » « Ça n’arrive qu’à moi » « Il ne m’arrive que des choses négatives »

 

Les causes de la crise

En prenant du recul aujourd’hui, je m’aperçois que l’angoisse est montée progressivement.

Le problème ?

Une succession de nouvelles qui m’avaient destabilisée et auxquelles j’avais accordé beaucoup (trop) d’importance.

Aussi, le manque de communication n’a pas aidé. J’ai enfoui tous mes problèmes, je ne voulais pas en parler. Vous vous souvenez, j’évoquais plus haut les petits détails sans importance ? Hé bien, les détails ont de l’importance et chaque petite remarque, chaque événement, chaque action, chaque mot d’une personne peut venir vous bousculer.

Résultat ?

Les planètes se sont alignées ce jour-là et cela a provoqué la crise. Mais l’angoisse, le mal-être, étaient déjà là, sans que je ne m’en aperçoive ou que je veuille y prêter attention.

J’ai voulu maîtriser, refouler et faire face mais c’était une erreur.

 

Une journée sans fin : l’après crise

« Allô madame ? Oui il faut venir chercher votre enfant : c’est l’heure de la sieste ».

Je plaisante en disant ça bien sûr (quoique ma maman est vraiment venue me chercher et j’ai vraiment dormi tout de suite en rentrant) mais après une crise d’angoisse je vous assure que vous n’avez qu’une envie, d’ailleurs je devrais dire qu’une seule option : dormir.

Voici donc le programme après crise.

Comme je l’expliquais, au moment de la crise, on est complètement déconnecté du temps. Les secondes à bout de souffle paraissent des heures et en même temps tout ce qui nous entoure semble aller bien trop vite pour nous.

On a comme l’impression d’être sous médoc, d’être en léthargie totale, un mollusque géant.

C’est le coup de massue.

Et après autant d’émotions, ça se comprend, le corps vous dit STOP, le cerveau vous dit STOP et vous vous endormez. Cette fois, plus de choc entre le physique et le psychique. Les deux s’accordent : repos obligatoire.

J’ai, personnellement, besoin de beaucoup de sommeil après une crise. C’est quelque chose d’assez constant et impressionnant. Je peux dormir plusieurs heures d’affilées. Le record à battre ? Pas loin de 30h !

Après cette première crise je ne me souviens plus combien de temps avoir dormi.

Je ne me souviens pas non plus en avoir vraiment parlé avec mes parents.

J’étais choquée, eux aussi. Mais j’ai continué à faire l’autruche.

« Non, tout va bien ».

Crise d'angoisse et technique de l'autruche

Suite à cette crise, j’ai été dispensée de la plupart des cours de sport. Si je ne me sentais pas, personne ne m’obligeait à participer. Je me suis retrouvée sur le banc, à attendre les autres.

Cette crise m’a quelque peu isolée. J’ai eu aussi l’impression d’être regardée différemment, comme la fille « qui avait fait ce truc bizarre ». Au collège, j’étais déjà la fille « au corset », maintenant je devenais « pire » que ça.

Les crises d’angoisse ont changé ma vie, j’en ressors aujourd’hui grandie mais je ne m’attarde pas plus sur ce premier (long) article et continuerai à vous en parler dans de prochains billets.

J’espère en tout cas que mon témoignage et mon retour d’expérience vous parlera et vous aidera à mettre en place les bons réflexes. N’hésitez pas aussi à me laisser un commentaire pour me faire part de vos propres expériences !

2 Comments

  • Bonjour Océane,
    J’ai 50 ans cet année.
    Depuis quelques mois j’en aie fais des crises d’angoisse et je suis encore dedans.
    Oui cela viens quand il y a une trop forte émotion accompagnée d’une peur et du fait de ne pouvoir en parler à personne,honte et vouloir tout contrôler.
    Aujourd’hui tu es guérie?
    Cela m’intéresse as-tu des astuces qui ton aider à ton sortir?
    L’angoisse est très gênante et handicapante au travail et en milieux familiale et sociale.
    Bonne soirée.
    Je suis curieuse je souhaitai l’apprivoisé pour mieux vivre avec moi et les autres.
    Florinda FERREIRA

    • Bonjour Florinda,

      Je comprends ton ressenti, je suis moi aussi passée par là. La crise d’angoisse parait un peu malpolie quand on ne la connaît pas, elle débarque sans prévenir, s’empare de notre corps et le dialogue semble difficile.

      Ce n’est pas toujours évident d’en parler MAIS c’est important et cela fait partie des petits gestes qui t’aideront à t’en défaire !

      Oui, 15 ans après, je sais gérer mes angoisses. Elles apparaissent encore quelques fois, peut-être une ou deux par an, mais je ne vis plus ces moments comme un calvaire. L’angoisse ne fait que passer, elle dit « bonjour », traverse mon corps et s’en va.

      Cela a été tout un parcours (prise de conscience, observation des crises, acceptation, communication, mise en place d’actions…) pour trouver les méthodes qui me convenaient. Aujourd’hui, je sais ce qui marche pour moi. J’ai repris le contrôle. Je dirais que la respiration, l’alimentation et le sport constituent les 3 piliers principaux.

      Je dirais qu’au départ il faut s’informer sur le sujet et comprendre ce qui arrive quand ça se produit.
      Je prépare des articles qui, je l’espère, pourront déjà t’apporter des éléments pour apprendre à apprivoiser tes angoisses.

      En attendant, je te souhaite une belle soirée.

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