Quels sont les risques d’une crise d’angoisse ?

Quels risques quand on fait une crise d'angoisse ?

Lorsqu’on est sujet aux crises d’angoisse à répétition, on voit que cela a un impact sur notre quotidien. Nos habitudes sont bouleversées, on a tendance à se renfermer, on évite certaines situations… Bref, on voit déjà que les crises d’angoisse influencent nos faits et gestes au quotidien. Mais qu’en est-il de l’intérieur ? Est-ce que l’angoisse a des conséquences sur notre corps, notre santé ?

J’en suis sûre, vous vous êtes forcément déjà posé l’une de ces questions : est-ce que je risque quelque chose quand je fais une crise d’angoisse ? La crise d’angoisse peut-elle avoir des conséquences graves sur ma santé ?

J’ai, moi aussi, eu toutes ces interrogations quand les crises de panique se sont installées dans mon quotidien. L’objectif de cet article, vous l’aurez deviné, est d’essayer d’y répondre !

 

La crise d’angoisse vue de l’extérieur

On le sait, la crise d’angoisse est la manifestation physique d’une angoisse intense. Lorsque quelqu’un fait une crise d’angoisse, il y a des manifestations externes qui permettent de « voir » la crise et ses conséquences sur le corps : tremblements, malaise, halètement…

Tel un caméléon, la crise revêt autant de formes qu’il y a de personnes qui font ce type de crise. Elle peut être plus ou moins aiguë, plus ou moins longue et, selon les symptômes, plus ou moins impressionnante vue de l’extérieur.

En général, on reconnaît la crise d’angoisse à l’un ou à plusieurs de ces symptômes : panique intense, difficulté à respirer, malaise, vomissements, palpitations, tremblements, sueur, frisson, trouble de la vision, gêne au niveau de la cage thoracique, sensation d’oppression…

Ces crises peuvent venir sans raison apparente ou au contraire suite à un événement, un contexte angoissant pour la personne qui est touchée. Elles peuvent alors se manifester plusieurs fois dans la journée, dans la semaine et, toujours, ces troubles anxieux ont un impact sur notre rapport avec notre corps.

 

Des risques et conséquences à long terme

La crise d’angoisse est en elle-même un événement très angoissant et stressant. Si vous faites une attaque de panique, il existe en effet des risques à long terme qui peuvent survenir. Parmi ceux-ci, on notera notamment :

  • Problèmes cardiovasculaires,
  • Fonctions respiratoires diminuées,
  • Problème de sommeil,
  • Système immunitaire affaibli
  • Troubles digestifs
  • Dérèglements hormonaux
  • Susceptibilité accrue aux ulcères
  • Prédisposition au diabète…

Attention, ces problèmes d’anxiété généralisée dépendent également d’autres facteurs et ne sont pas systématiquement liés à vos angoisses, aussi intenses soient-elles.

Cette liste n’est pas faite pour vous angoisser : au contraire, elle doit vous faire prendre conscience qu’à long terme les crises d’angoisse à répétition peuvent générer des complications.

Mais ne nous attardons pas trop sur les « potentiels risques » à long terme et voyons s’il existe réellement un danger pendant et après une crise d’angoisse.

 

Ce que vous risquez VRAIMENT pendant et après une crise d’angoisse

Déroulé d’une crise d’angoisse

Pour commencer, mettons-nous dans le contexte et regardons ce qui se passe pendant une crise d’angoisse.

Je l’évoquais, la crise peut apparaître à tout moment. Que vous soyez seul ou en groupe, dans un lieu public, en voiture ou au bureau…. Qu’il y ait eu ou non un facteur stressant qui déclenche la crise, elle survient.

Les symptômes apparaissent peu à peu, c’est généralement à ce moment que la perte de contrôle se fait sentir et que la crise et les manifestations corporelles s’intensifient.

Pour ma part, 3 symptômes physiques désagréables sont récurrents : la sensation d’étouffement, la perte de connaissance et les tremblements.

Les sensations physiques et psychiques renforcent votre panique et la sensation de perdre le contrôle.

Que l’on s’y attende ou pas, le début d’une crise d’angoisse est toujours brutal, excessive. Comme lors d’un accident de voiture : le choc est violent.

Avant la collision, on essaye souvent d’éviter l’obstacle : on donne un coup de frein à main ou un coup de volant. On résiste à l’arrivée imminente de la crise pour ne pas que l’angoisse pénètre tout le corps et l’esprit. Cela peut avoir deux conséquences :

  • On réussit, de justesse, à éviter la crise mais on est secoué et la peur de faire une crise d’angoisse grandit
  • La crise se déclenche plus vite et la panique est plus forte

Une fois la crise installée, elle évolue : les symptômes se multiplient ou non, s’atténuent ensuite pour enfin disparaître pour laisser place à une grande fatigue.

C’est peut-être votre première crise d’angoisse ou, au contraire, vous faites des crises à répétition. Cela vous angoisse et une question revient : est-ce risqué pour ma santé de faire une crise d’angoisse ?

 

On pense toujours au pire

Alors qu’est-ce qu’une crise d’angoisse peut provoquer ?

Déjà, il est primordial de clarifier une chose : même si vous avez peur de mourir, vous n’allez pas mourir.

Malgré ce qu’on pourrait penser quand la crise se déclenche, aussi intense soit-elle, non on ne peut pas mourir d’une crise d’angoisse. Il n’y a AUCUN danger de mort.

Vous allez reprendre votre souffle, la crise ne peut pas durer des heures.

D’une part parce que, vous l’aurez certainement constaté, faire une crise d’angoisse est très fatigant. Une fois la crise passée, le corps a besoin de beaucoup de repos.

Aussi, sachez qu’en moyenne une crise d’angoisse dure 20 à 30 minutes. Je le sais, quand ça nous touche directement, ça parait (beaucoup plus) long mais cela ne va rarement au-delà de la demi-heure.

Au moment de la crise, c’est le sentiment d’urgence qui prend le dessus : le péril semble imminent mais il n’en est rien. Vous pouvez être rassuré, il n’y a en fait pas de danger physique réel à faire une crise d’angoisse.

En revanche, cette sensation de danger menaçant est tout à fait normale ; d’autant plus lors de la première crise. Quand on ne sait pas ce qui nous arrive ou bien comment la situation va se terminer, on a vite tendance à s’imaginer le pire. Cette réaction est en fait un réflexe tout à fait logique et normal puisqu’une crise est un événement soudain et violent pour le corps.

Lorsqu’on fait une crise d’angoisse fatalement on imagine le pire : suis-je en train de faire un arrêt cardiaque, un AVC ?! Non, quand on fait une crise d’angoisse il ne s’agit de rien de tout cela. Via le corps, le système nerveux traduit de manière violente une angoisse, un déclencheur et vous avez l’impression que vous allez mourir mais je vous rassure il n’en est rien. Fausse alerte !

Mon conseil ? Que ce soit lors d’une crise d’angoisse ou en général dans la vie : concentrez-vous toujours sur le positif, pensez à toutes les bonnes choses qui peuvent arriver. N’essayez pas trop d’anticiper tous les événements de votre vie qui pourraient vous nuire, ne vous posez pas 1001 questions, elles viendraient agrandir votre pile de « problèmes » et sources d’angoisse. Laissez-vous porter par le positif.

En réalité, les risques que vous encourez en faisant une crise d’angoisse sont tout autre.

 

La mémoire du corps

On en a aujourd’hui la certitude : le corps a une mémoire. Il mémorise tous les événements qu’il traverse (j’y reviendrai dans un prochain article), on parle tout simplement de la mémoire du corps.

Parler de mémoire du corps quand on est sujet aux angoisses est tout à fait approprié car la crise d’angoisse associe les épisodes psychiques et physiques, autrement dit il existe un lien très fort entre le corps et la tête.

Si vous prenez le temps d’y réfléchir, la première crise donne beaucoup d’indications :

  • Le contexte de la crise : est-elle survenue sans « prévenir » ou suite à un ou plusieurs événements angoissants ? Où et avec qui étiez-vous ?
  • Comment la crise se déroule : quels sont les prémices, quels sont vos symptômes, comment votre corps réagit et quelle est votre manière de vivre ou d’anticiper la crise ?
  • Quels éléments physiques et/ou psychiques ont calmé ou au contraire accentué votre crise ?

Le « risque » donc est que votre corps ait mémorisé la crise d’angoisse et que, lorsque vous êtes confronté à une situation similaire, il répète la crise. C’est ce qu’on appelle la mémoire biologique : le rappel d’une situation peut déclencher une nouvelle crise d’angoisse.

Ce risque de répétition est bien là, oui, mais vous devez absolument en faire une force.

Le symptôme de la mémoire du corps doit devenir un allié.

Vous savez que cette situation est « à risque » car c’est ce type d’événement qui a conduit à telle ou telle crise d’angoisse ? Alors préparez-vous à y être confronté (cela s’apprend, vous verrez).

Attention à ne pas faire de généralité, ce système de répétions n’est pas pour autant automatique ! Si une crise se déclenche dans une situation, cela ne veut pas dire qu’elle se reproduira dans le même contexte. Vous êtes le plus à même de reconnaître les situations à risque et les déclencheurs particulièrement clairs.

Un dernier conseil : il est très intéressant de prendre du recul pour voir les schémas qui se répètent mais n’anticipez pas trop toutes les situations. Savoir reconnaître un risque, c’est bien, mais l’anticiper de façon systématique peut être excessif. Vous risquez de vous enfermer dans la peur de faire une crise d’angoisse, de vous terrer dans un cercle vicieux d’anticipation, de vivre une angoisse constante et ne plus vouloir sortir de chez vous.

 

Le corps qui parle : réflexes, dommages et contre-coups

  1. Les blessures

Outre le système de mémoire et de répétition du corps, un des risques principaux liés à l’environnement au moment de la crise d’angoisse est pour moi le fait de se blesser. Cela peut paraitre tout bête mais il me semble intéressant d’y penser.

En effet, selon ses symptômes, quand on fait une crise on est susceptible de se cogner ou de heurter des objets lors de malaise, tremblements…

Je prends ici mon exemple : au début de mes crises d’angoisse j’avais vraiment du mal à les voir arriver et je me prenais donc ces crises « en pleine face », soudainement. Un des symptômes qui revenait quasi automatiquement était que je faisais systématiquement un malaise au bout de quelques minutes. Il m’est donc arrivé de me cogner en tombant mais, je vous rassure, jamais rien de bien méchant : une petite bosse par-ci un bleu par-là. J’ai pris en compte ce fait, cette constante pour ne pas aggraver la crise et pouvoir anticiper les crises qui ont suivi.

Mon conseil, si vous aussi vous êtes victime de malaise ou d’étourdissement pendant vos crises d’angoisse, est de vous mettre tout de suite à terre. Que ce soit en position assise ou couchée, testez quelle est la position la moins inconfortable et la plus sécurisante pour vous ! En faisant cela, vous éviterez de tomber de toute votre hauteur 😉 

  1. Les pleurs

Un autre risque dont je n’ai pas encore parlé et qui m’est propre est le fait de pleurer. Ma crise d’angoisse entraîne des pleurs. Cela peut paraître anodin mais c’est pour moi un vrai risque : si je fais une crise, je vais paniquer ou m’énerver et je risque de pleurer.

En effet, au moment de la crise, j’ai la gorge serrée, comme un spasme des muscles qui resserrent l’espace disponible dans ma gorge pour respirer et cela rend ma déglutition et ma respiration difficiles. Les pleurs ont donc pour conséquence de renforcer la crise : je pleure donc je peine à respirer et je m’énerve à l’idée de ne pas me réussir à maîtriser. Pleurer créé et renforce la gêne respiratoire.

Ces larmes viennent en fait de mon hypersensibilité, comme c’est d’ailleurs souvent le cas chez les personnes qui ont des angoisses et des crises d’angoisse. La sensibilité extrême se traduit par des aspects de personnalité et des réactions très diverses. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les hypersensibles ne sont pas seulement les gens qui ont la larme facile ou qui ont de la compassion pour tout un chacun. Les hypersensibles se sont ces personnes qui vivent de manière intense tout ce qui se passe autour d’eux. Cela peut donc se traduire par de la colère, de l’irritabilité, de la vulnérabilité… L’hypersensible est en proie à un cataclysme émotionnel.

La crise d’angoisse est un moment pénible à vivre et, lorsqu’on est hypersensible comme moi, les émotions se chevauchent, on ne parvient pas à les gérer et cela peut se traduire par des pleurs.

 

  1. La fatigue

Parlons maintenant des « risques » physiques qu’entraîne une crise d’angoisse.

Tout d’abord, nous l’avons vu, le premier risque est de ressentir une fatigue intense. La fatigue peut survenir suite à une crise ou à cause d’une sensation d’angoisse permanente. Cela peut être contraignant mais ça ne met aucunement en danger votre vie.

Par exemple, j’ai pour ma part besoin d’énormément de sommeil après une crise d’angoisse. Je me sens très vite fatiguée, après autant d’émotions mon corps relâche toute la pression et devient guimauve. Tout mon corps est lourd et la seule chose à laquelle je pense et dont je suis capable est de dormir. Le lendemain, selon l’intensité de la crise, j’ai généralement mal aux jambes comme si j’avais couru ou pratiqué une activité sportive intense la veille.

Pour minimiser cet effet, mon conseil est de bien s’hydrater. Avant la crise et de façon générale (je ne vous apprends rien), il est important de boire suffisamment. Mais si vous voulez éviter toutes sensations de muscles qui tirent après la crise alors buvez pour soulager votre corps déshydraté.

 

  1. Les problèmes de peau

L’un des autres risques « physiques » des crises d’angoisse est de développer des problèmes cutanés. Le corps s’exprime non seulement pendant la crise mais aussi en dehors de ces moments précis.

Quand on fait des crises d’angoisse à répétition, on vit un peu sous une angoisse permanente. Dans ce cas, il se peut donc (c’était mon cas) que des plaques d’eczéma viennent s’installer sur certaines zones de votre corps et/ou visage. Vous risquez également d’avoir des poussés d’acnés, comme pendant l’adolescence. Là aussi, c’est votre corps qui parle et qui vous montre qu’il y a une souffrance.

Ces problèmes de peau ne sont pas « graves » à proprement parlé mais, ajoutés à tout le reste, ce type de petits désagréments forment vite une montagne de tracas angoissants.

 

  1. Les muscles tendus

Enfin, et cela concerne davantage un état et un risque permanents, la crise d’angoisse peut entraîner une raideur de certaines zones : cou, épaules, dos. Lorsqu’on est angoissé en permanence, on est « tendu » et cela se perçoit directement dans sa gestuelle et sa façon de bouger en général.

Regard baissé, épaules en avant, cou contracté… C’est sûr, à force, vos muscles se crispent et finissent par se bloquer. Moi, par exemple, c’est un symptôme très clair : dès la première contrariété, la première angoisse, je me bloque le dos.

Un conseil : même lorsque vous ne subissez pas une crise d’angoisse, prenez soin de votre dos et de votre posture en général. Se tenir droit autant que possible, plier les genoux quand on se baisse ou encore placer ces épaules vers l’extérieur ne sont pas des gestes anodins. Avoir une bonne posture au quotidien vous aidera pendant et après vos crises d’angoisse. Votre corps doit être un allié !

 

Le mental et l’environnement

Vous avez fait une crise d’angoisse dans un contexte particulier ? Nous avons vu avec la mémoire biologique que les caractéristiques de ce contexte peuvent déclencher une nouvelle crise si vous y êtes à nouveau confronté.

A première vue, cela peut vous faire peur mais il n’en est rien. Cette « faiblesse » peut en fait être une force. Si vous parvenez à comprendre quels sont les contextes à risque, vous parviendrez à anticiper d’éventuelles crises. Ainsi, pas besoin de se renfermer sur soi-même, pas besoin d’avoir peur de vivre, pas besoin de vivre dans la peur d’avoir peur, vous êtes maître à bord.

Faites de vos faiblesses une vraie force

Oui, les crises d’angoisse peuvent avoir des conséquences sur votre santé. Sachez bien, et c’est un des éléments les plus importants à retenir de cet article, que pendant une crise d’angoisse il n’y a pas de risque de mort. En revanche, si elles ne peuvent pas entrainer la mort, les crises d’angoisse répétées peuvent avoir un vrai impact négatif sur votre santé et votre vie en général. Il est important d’écouter son corps et de prendre du recul pour diminuer au maximum le niveau de stress, les signes d’anxiété et autres situations anxieuses, les crises et autres sensations d’angoisse permanente. En mettant en place ce type de mécanismes, vous allez faire face à l’anxiété et réussirez à calmer peu à peu les angoisses profondes.

Avoir des angoisses ne doit pas se traduire par une souffrance ou un mal-être.

J’espère en tout cas que cet article vous aura plu, qu’il vous rassurera et que mes conseils vous permettront de combattre votre anxiété et de mieux gérer vos angoisses. N’hésitez pas à commenter en me faisant part de votre propre expérience et en m’expliquant quels sont, pour vous, les risques liés à vos crises d’angoisse.

Je vous invite aussi à consulter les autres articles de ce blog, ils pourront vous aider à comprendre vos crises et à mieux les maîtriser.

A très vite,

Océane

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