Stress, anxiété, angoisse : même combat ?

Différence stress, anxiété et angoisse

Quand l’angoisse débarque dans notre vie, on a vite du mal à faire la part des choses entre les moments de stress, d’anxiété et d’angoisse. Et c’est normal : ces troubles se ressemblent à s’y méprendre. Il n’est pas toujours facile de mettre les bons mots sur ce que l’on ressent.

J’entends souvent des gens dire « je suis angoissé en permanence », « je suis à bout de nerfs » ou encore « je stresse pour tout et rien » ; en effet, le stress s’immisce de plus en plus dans notre quotidien et il devient de plus en plus compliqué de le définir. A quel moment peut-on dire que l’angoisse ou la panique prennent le pas sur le stress habituel ? C’est ce que nous allons voir ensemble dans cet article.

Le stress : moteur ou frein au quotidien ?

Le stress est devenu un mot fourre-tout. On l’emploie couramment pour évoquer un état émotionnel ou pour évoquer une perturbation physique ou psychologique, mais que se cache-t-il vraiment derrière ce mot ?

Si l’on regarde tout simplement dans le dictionnaire, voici ce que l’on peut trouver :

  • Réaction de l’organisme à une agression, un choc physique ou nerveux
  • Situation de tension nerveuse excessive, traumatisante pour l’individu

D’après les lexiques donc, le « stress » peut à la fois désigner la situation (stressante) et la réaction (à une situation stressante).

Stress de parler en public

L’arrivée dans une nouvelle entreprise, une préparation de mariage, une prise de parole en public… constituent alors des situations stressantes. Le stress définit en même temps la cause, les facteurs et la réaction de l’organisme.

En lisant ces quelques lignes, on imagine le stress comme une vilaine petite boule noire qui vient polluer certaines situations du quotidien. Mais est-ce que le stress est systématiquement une mauvaise chose ?

Pas forcément !

Cela dépend en fait de la personne qui ressent ce stress. Par exemple, un employé soumis à une situation stressante – par exemple un court délai pour effectuer une mission – pourra tout à fait se sentir motivé par ce compte à rebours et s’en sortir parfaitement ; dans le même temps, et pour la même mission, un autre employé se verra submergé par la situation et c’est le malaise qui prendra le dessus.

Tout est une question de perception. Chacun a une capacité d’adaptation et une réaction différente face aux moments de stress.

Stress : que se passe-t-il dans votre cerveau ?

En effet, s’il se sent menacé, le cerveau va envoyer un signal qui va déclencher le stress. Le stress, c’est donc avant tout une volonté de notre part de rétablir l’équilibre. Le cerveau met à disposition tout ce dont il capable pour répondre au mieux à la situation qu’il qualifie de menaçante.

Quand le stress arrive, c’est un peu comme si on se trouvait à la plage face à des centaines de personnes et que, pour se rassurer, le cerveau ordonnait au corps de galber ses muscles et de rentrer le ventre. Si l’on ne se sent pas à l’aise dans une situation, que l’on s’apprête à vivre des moments désagréables alors le cerveau va essayer de nous protéger.

Le stress est donc un réflexe biologique qui peut entraîner certaines réactions.

A son arrivée, on est d’abord surpris par une situation : on peut rougir et, comme on le dit souvent, « le stress monte » et avec lui quelques stimuli apparaissent : le cœur commence à battre plus vite, on se sent parfois vidé de toute énergie et notre taux de sucre dans le sang baisse considérablement.

En réponse, le système nerveux ordonne au rythme cardiaque d’augmenter pour fournir toute l’énergie nécessaire à l’ensemble de votre corps. Les muscles et les tissus sont mieux oxygénés, le sucre plus facilement libéré et tout notre organisme devient alors hyper vigilant.

Si l’on reprend l’exemple de tout à l’heure, là, vous êtes à la limite de frimer avec vos lunettes de soleil et votre nouveau maillot de bain…

L’attention est concentrée : la mémoire et la réflexion sont nettement améliorées. Sur le sable, vous êtes concentré sur vos pas et l’allure que vous renvoyez.

Une fois le choc passé, si la situation stressante persiste (les gens à la plage autour de vous vous fixent-ils toujours ?), l’organisme va redoubler d’efforts en sécrétant des hormones en cascade :

  • L’endorphine pour ses vertus apaisantes et ses propriétés analgésiques similaires à la morphine ;
  • Le cortisol, souvent appelée « hormone du stress » ;
  • La dopamine qui vous aide à contrôler votre humeur ;
  • L’adrénaline qui provoque la réaction de fuite ou combat ;
  • La vasopressine qui permet notamment de réguler la pression sanguine

Et c’est à ce moment que la bascule se fait.

De la boule au ventre au stress chronique : l’anxiété

A quel moment le stress devient-il paralysant ?

Quand le stress arrive, on ressent parfois une boule au ventre ou on dit aussi qu’on a le « cœur serré ». Une fois que l’organisme a mis en place tout ce qui était possible pour retrouver l’équilibre, deux possibilités :

  • Soit les actions mises en place par le corps permettent à la personne de s’adapter, de reprendre le dessus : alors le stress disparaît. La peur de rougir ou de prendre la parole en public se dissipe.
  • Soit, malgré tous ces efforts, le stress persiste.

Si le stress dure trop longtemps ou qu’il devient chronique, on finit par s’épuiser : l’organisme en alerte constante n’est plus capable de répondre aux besoins énergétiques de ce type de situation. Le stress n’agit plus en moteur mais plutôt comme un frein.

Plage et anxiété

Imaginez que la plage constitue un moment stressant pour vous et que vous soyez confronté en permanence à cet endroit, face aux regards des autres. Au bout d’un certain temps, vous aurez du mal à continuer de rentrer le ventre ou à contracter vos abdominaux !

Et bien c’est pareil pour le cerveau lors d’un moment de stress prolongé : les réflexes déployés pour équilibrer la situation sont énergivores et, par conséquent, ne peuvent pas fonctionner en permanence. Le système est trop sollicité.

Soyons clairs : sur une courte période, le stress ne représente pas un danger, au contraire il peut être stimulant. On pourrait appeler ça « le bon stress », cette adrénaline positive qui nous pousse et nous motive au quotidien à agir rapidement, voire à se surpasser.

En revanche, lorsque le stress n’est plus seulement une réaction à une situation dite mais qu’il constitue un état permanent alors on parle d’anxiété.

Le stress et la peur deviennent diffus dans un contexte ou une situation particulière (l’été à la plage par exemple) et les défenses immunitaires du corps en sont appauvries.

L’hormone du stress a un nom : cortisol

L’hormone du stress, le cortisol, joue un rôle central dans l’anxiété. Son action, pendant les moments de stress, est de transformer la graisse en sucre et de diriger cette énergie au bon endroit.

Le problème, c’est que notre organisme ne fait pas la différence entre les petits moments de stress et les grands dangers, alors dès qu’il perçoit une menace, il secrète du cortisol. Lorsqu’il est sécrété en permanence, le taux de cortisol devient alors trop élevé. Il y a un excès et cela a des répercussions sur votre santé.

L’excès de cortisol vient en effet renforcer les troubles cérébraux comme les changements d’humeur, les états dépressifs, les pertes de mémoire ou encore les sautes de concentration.

Cet « excédant » peut aussi être la cause d’une prise de poids. D’une part parce que qu’il déclenche un signal de faim, ce sont les fameuses « fringales ». Et d’autre part, parce qu’en période de stress prolongé, on développe une résistance à l’insuline qui est censé réguler notre taux de sucre dans le sang.

A force d’être sous tension, d’anticiper le stress d’une situation particulière, certaines personnes développent également une personnalité anxieuse. Elles ont un sentiment très fort d’insécurité. L’anxiété dépasse alors le « simple stress ». Certaines situations récurrentes stressantes deviennent phobiques : peur de se retrouver dans une foule, panique face à une situation d’attente, etc.

Si l’on retourne dans le dictionnaire pour vérifier le sens d’anxiété, voilà ce qu’on trouve :

  • État de trouble psychique causé par la crainte d’un danger
  • Grande inquiétude

On le voit, la différence avec le stress est que l’anxiété n’est plus simplement une réaction mais bien un réflexe d’anticipation : on a « peur de… ». En outre, c’est un état qui dure, au contraire du stress, qui suppose un état passager.

Quand on est stressé quotidiennement, de nature anxieuse donc, on est naturellement plus vulnérable. Cela paraît logique. En effet, être stressé en permanence demande beaucoup d’énergie et, à force d’en fournir, nos ressources s’épuisent. L’anxiété, en comparaison avec son petit frère le stress, devient alors la source de maux comme la fatigue, la colère, l’insomnie ou encore l’irritabilité.

L’inquiétude grandit, on commence à imaginer le pire ou à anticiper les pires situations, et c’est l’engrenage. L’anxiété peut alors engendrer des insomnies, des troubles digestifs, des maux de tête ou de ventre, des problèmes de concentration ou des phobies.

Le stress, qui était alors concentré en un moment et une boule au ventre, se propage et se transforme l’anxiété généralisée. Et, lorsque la cocotte-minute explose, cette anxiété laisse place à sa cousine l’angoisse (aaah ces histoires de famille…).

Angoisse : la réponse explosive du corps

Si l’anxiété correspond à un état émotionnel diffus, l’angoisse, elle, est davantage vécue comme une invasion. En effet, quand elle débarque, l’angoisse prend le contrôle du corps et de l’esprit. Elle tape un grand coup sur la table, généralement assez fort pour que l’on s’en souvienne.

En cela, l’angoisse est plus brutale que l’anxiété.

On ne sait pas toujours pour quelles raisons elle se déclenche, ni pour combien de temps elle prend ses quartiers.

L’angoisse, plus précisément la crise d’angoisse, est en réalité la sonnette d’alarme. Pour se faire entendre, l’angoisse prend pendant quelques minutes possession du corps : c’est son moyen de nous faire comprendre que « trop c’est trop ».

Si les causes d’anxiété ne sont pas éliminées, ou pire si on les refoule (« je me sens mal mais ça va, ça va passer »), alors l’angoisse va employer les grands moyens pour vous faire comprendre que ça ne va pas. L’un des syndromes de l’angoisse est d’ailleurs la phobie : elle se manifeste lorsque l’on ressent une peur intense pour une chose en particulier et ces moments de panique intenses sont assez fréquents. Par exemple, certaines personnes anxieuses sont touchées par l’agoraphobie : la foule créé un traumatisme obsessionnel et compulsif. Cette angoisse peut parfois se transformer en anxiété ou phobie sociale et devenir un véritable trouble anxieux.

Angoisse joue à la marionnette

Comme l’angoisse n’est pas à proprement parler une personne, vous vous en doutez, elle ne peut pas utiliser la parole pour entrer en communication avec vous. Alors, comme elle est pleine de ressources, elle va jouer au marionnettiste et prendre les rennes de votre corps.

Par le biais de symptômes divers et variés (tremblements, difficultés respiratoires, palpitations, vertiges), l’angoisse s’exprime et cela peut être parfois assez impressionnant. Il faut dire que Madame l’Angoisse a une grosse voix, alors quand elle gronde, difficile de faire la sourde oreille.

La crise d’angoisse, c’est en fait la manifestation intense des troubles anxieux, c’est une peur soudaine et ponctuelle qui jaillit inopinément.

Crises d’angoisse : la peur d’avoir peur

Et le problème quand on atteint ce degré d’anxiété avec les crises d’angoisse, c’est qu’on développe la peur d’avoir peur. Plus les crises se répètent, plus on les redoute, et c’est un vrai cercle vicieux qui se met en place.

Face aux attaques de panique, on se sent désemparé et le sentiment d’impuissance est grand. La crise est tellement surprenante qu’on s’imagine forcément que quelque chose de grave est en train de se passer (alors qu’en réalité, je vous rassure, il n’en est rien, pas de danger de mort, les risques se trouvent ailleurs).

La crise d’angoisse relève donc d’une attaque soudaine. Quand elle se manifeste, l’angoisse nous mord pour susciter une réaction. Par ce type de symptômes, elle nous montre qu’il existe un malaise voire un mal-être. C’est la manifestation aigue de l’anxiété. Plus on fait de crises d’angoisse, plus le climat est propice à de nouvelles crises. En effet, sans action de notre part, le trouble panique va générer une anxiété chronique.

Cette chronicité va engendrer une peur constante et, souvent, déraisonnée. Certaines personnes vont alors développer des obsessions, des phobies : en premier lieu celle de refaire une crise d’angoisse puis parfois, il y a une aggravation et d’autres troubles qui correspondent aux contextes particuliers des attaques de panique apparaissent. L’un des points communs entre les personnes souffrant de phobie est la perte de contrôle.

La déréalisation et la dépersonnalisation sont souvent deux symptômes communs aux personnes qui souffrent d’angoisse généralisée et d’attaques de panique. J’y reviendrai plus tard dans un autre article mais, pour faire un bref résumé : on a un sentiment prolongé de détachement, comme si l’on était spectateur de sa propre vie et que l’on avait la sensation que ce qui nous entoure n’est pas réel.

Peu à peu, l’angoisse prend une telle place dans sa propre vie que l’on se sent enfermé. Le sentiment d’être à l’origine de cet état d’angoisse est parfois difficile à gérer : on se sent à la fois dépossédé de tous moyens, vulnérable et responsable de ce tourbillon. On est pris dans la tempête et le vent parait si fort que l’on ne peut pas aller contre lui : on ne peut alors que craindre la tourmente.

On parle alors d’angoisse lorsque les signes physiques et psychiques d’anxiété sont présents de manière exacerbée et que la peur de la crise d’angoisse devient une obsession.

Stress, anxiété et angoisse : les membres d’une même famille

Vous l’aurez compris, le stress, l’anxiété et l’angoisse sont intimement liés. On peut même dire que, dans cet ordre, ils constituent les différents stades des états anxieux. Le stress, l’anxiété et l’angoisse sont une même émotion… mais à des degrés différents.

Famille stress, anxiété et angoisse

Si l’on devait résumer on dirait donc que :

  • Le stress correspond à un état émotionnel dû à une situation stressante. On va « stresser » lors d’une situation donnée, lorsqu’un certain malaise apparaît : généralement une « première fois », une rencontre fortuite, une surprise pas forcément agréable… Le stress est une réaction tout à fait naturelle de l’organisme en réponse à une menace/un malaise temporaire. A court terme, c’est un état qui nous permet de rester attentif ou qui peut nous stimuler. Le stress peut avoir des effets passagers sur notre comportement.
  • L’anxiété, elle, correspond à un état de stress permanent dans une situation donnée. On va anticiper le fait de stresser, d’être dans une position inconfortable, notamment si celle-ci revient dans le temps. On devient inquiet, voire peureux à l’idée de vivre une situation inédite ou imprévue. L’anxiété génère une modification comportementale.
  • Enfin la crise d’angoisse, aussi appelée attaque de panique, est la manifestation directe et aigüe de l’anxiété. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un moment de panique intense qui provoque des symptômes physiques tel que les tremblements ou les difficultés respiratoires. Elle traduit de façon soudaine et brutale une grande détresse.

Voilà, vous savez maintenant faire la différence entre les moments de stress, l’anxiété et l’angoisse. J’espère que cela vous aidera à faire la part des choses dans votre quotidien : n’oubliez pas, on ne peut pas vivre sans stress, et parfois, on en a même besoin pour être stimulé 😉

On l’a vu, tout le monde a une part de stress dans son quotidien, il faut donc veiller à ce qu’il ne s’installe pas dans votre vie. L’objectif : savoir gérer ses moments de stress pour ne pas qu’ils se transforment en anxiété ou en crise d’angoisse.

Cet article vous a t-il aidé à faire la part des choses ?

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